Clemenceau versus Jules Ferry

mai 14, 2012 § Poster un commentaire

Petit extrait de mon livre consacré à Georges Clemenceau et Claude Monet aux éditions Gallimard pour éviter les malentendus trop entendus ces derniers jours que Clemenceau s’opposait pour des raisons politiques à Jules Ferry, mais était sur le fond d’accord avec le colonialisme. Un peu d’érudition ne fera pas de mal à certains :

Extraits « Ferry défend la politique coloniale la parant de buts civilisateur : « Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. » Le but politique est aussi mis en avant : « La France ne peut être seulement un pays libre ; elle doit aussi être un grand pays, exerçant sur les destinées de l’Europe toute l’influence qui lui appartient, elle doit répandre cette influence sur le monde, et porter où elle le peut sa langue, ses mœurs, son drapeau, ses armes, son génie. » Clemenceau sonne la charge. Ferry, épuisé, finit par démissionner. Gambetta le remplace. Il reste deux mois et demi. Clemenceau est à la manœuvre. Freycinet tente également sa chance. Il reste 5 mois. Clemenceau continue de dénoncer la colonisation : « N’est-il pas étrange que l’on recommence à parler des races au moment où elles se mêlent de plus en plus et où l’unité de leur caractère paraît singulièrement compromise ? La vérité, c’est qu’il y a des peuples qui rêvent de domination universelle, soit par la propagande des idées, soit par la conquête matérielle. » Pendant toute la législature, Clemenceau ne cesse de s’opposer à la colonisation. En mars 1885, alors que de nouveaux crédits sont demandés pour le Tonkin par Ferry, Clemenceau explose : « Tout débat est fini entre nous ; nous ne voulons plus vous entendre ; nous ne pouvons plus discuter avec vous des grands intérêts de la patrie. […] Ce ne sont plus des ministres que j’ai devant moi, ce sont des accusés de haute trahison sur lesquels, s’il subsiste encore en France un principe de responsabilité et de justice, la main de la loi ne tardera pas à s’abattre. » Les crédits ne sont pas votés. Ferry est désavoué. Sonné. Terrassé. Il ne reviendra plus au pouvoir. Clemenceau se chargeant de lui barrer la route systématiquement ; faisant même élire Sadi Carnot à la présidence de la République : « Je vote pour le plus bête. » Et le 30 juillet 1885, Clemenceau de conclure : « Regardez l’histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares, et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l’oppression, le sang coulant à flots, et le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur. Voilà l’histoire de notre civilisation […]. Non, il n’y a pas de droit de nations dites inférieures. […] N’essayons pas de revêtir la violence [du colonisateur] du nom hypocrite de civilisation ; ne parlons pas de droit, de devoir ! »

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