Réflexions

juillet 2, 2015 § Poster un commentaire

Le moment est arrivé où la justice criminelle atteint en même temps le point culminant de sa grandeur et sa limite. Où elle doit cesser de s’interroger, d’approfondir, de vaciller, de balancer, pour donner au crime, aussi mystérieux, aussi dérangeant soit-il, une réponse judiciaire.

« Tous ceux qui ont de la matière pénale une véritable expérience savent que les vraies causes du crime – de l’acte grave à l’incivilité – s’appellent la misère et l’inculture, la révolte du déshérité, la peur de l’avenir, la haine des autres et la détestation de soi. » Le Borgne

« Au fond de chaque homme civilisé se tapit un petit homme de l’âge de pierre, prêt au vol et au viol, et qui réclame à grands cris un œil pour un œil. Mais il vaudrait mieux que ce ne fût pas ce petit personnage habillé de peaux de bêtes qui inspirât la loi de notre pays. » Camus & Koestler

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Heal the brokenhearted and bind up their wounds

décembre 15, 2012 § Poster un commentaire

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We’ve endured too many of these tragedies in the past few years.  And each time I learn the news I react not as a President, but as anybody else would — as a parent.  And that was especially true today.  I know there’s not a parent in America who doesn’t feel the same overwhelming grief that I do. 

The majority of those who died today were children — beautiful little kids between the ages of 5 and 10 years old.  They had their entire lives ahead of them — birthdays, graduations, weddings, kids of their own.  Among the fallen were also teachers — men and women who devoted their lives to helping our children fulfill their dreams. 

So our hearts are broken today — for the parents and grandparents, sisters and brothers of these little children, and for the families of the adults who were lost.  Our hearts are broken for the parents of the survivors as well, for as blessed as they are to have their children home tonight, they know that their children’s innocence has been torn away from them too early, and there are no words that will ease their pain. 

As a country, we have been through this too many times.  Whether it’s an elementary school in Newtown, or a shopping mall in Oregon, or a temple in Wisconsin, or a movie theater in Aurora, or a street corner in Chicago — these neighborhoods are our neighborhoods, and these children are our children.  And we’re going to have to come together and take meaningful action to prevent more tragedies like this, regardless of the politics.

This evening, Michelle and I will do what I know every parent in America will do, which is hug our children a little tighter and we’ll tell them that we love them, and we’ll remind each other how deeply we love one another.  But there are families in Connecticut who cannot do that tonight.  And they need all of us right now.  In the hard days to come, that community needs us to be at our best as Americans.  And I will do everything in my power as President to help.

Because while nothing can fill the space of a lost child or loved one, all of us can extend a hand to those in need — to remind them that we are there for them, that we are praying for them, that the love they felt for those they lost endures not just in their memories but also in ours.

May God bless the memory of the victims and, in the words of Scripture, heal the brokenhearted and bind up their wounds.

Une découverte… A lire pour mieux vivre…

décembre 8, 2012 § Poster un commentaire

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Un petit bonheur de lecture avec un dernier chapitre lumineux…

décembre 8, 2012 § Poster un commentaire

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Le plus républicain des chefs d’oeuvres…

décembre 8, 2012 § Poster un commentaire

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« Car enfin, qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d’où il est tiré et l’infini où il est englouti. Que fera-t-il donc, sinon d’apercevoir quelque apparence du milieu des choses, dans un désespoir éternel de connaître ni leur principe ni leur fin ? Toutes choses sont sorties du néant et portées jusqu’à l’infini. Qui suivra ces étonnantes démarches ? L’auteur de ces merveilles les comprend. Tout autre ne peut le faire. » Pascal, Pensées

novembre 30, 2012 § Poster un commentaire

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Mariage homosexuel : La fin d’une certaine idée de la République

septembre 21, 2012 § Poster un commentaire

Communautarisme, discrimination positive, rupture avec la tradition républicaine du droit naturel et abandon du principe de l’intérêt de l’enfant au profit du désir d’enfant, telles sont les remises en cause fondamentales de notre idéal républicain par le projet de loi sur le mariage et l’adoption d’enfants pour les couples de même sexe.

Article publié dans le Figaro du 18 septembre 2012

L’amour rend aveugle et à trop vouloir bien faire, on finit par tout détruire. C’est le paradoxe du projet de loi sur le mariage et l’adoption d’enfants pour les couples de même sexe. En effet, en souhaitant légitimement défendre les discriminations subies à raison de leur orientation sexuelle et assurer une meilleure reconnaissance des droits des couples de même sexe, les solutions proposées par le gouvernement sont une remise en cause fondamentale des principes essentiels de la République française que sont le refus du communautarisme et de la discrimination positive et le respect de la tradition juridique fondée sur le droit naturel et du principe de l’intérêt de l’enfant.

La première remise en cause fondamentale est celle de la reconnaissance en tant que telle de la communauté homosexuelle en lui attribuant des droits spécifiques en matière de filiation. Or, depuis 1789, rompant ainsi avec la monarchie, la République n’a reconnu des droits qu’à des individus se refusant toujours à tout communautarisme, considéré comme contraire à la liberté intrinsèque reconnue à chaque personne. Le risque majeur de cette reconnaissance de la communauté homosexuelle est d’ouvrir la voie à tous les communautarismes politique, social, culturel, religieux ou ethnique.

La deuxième remise en cause est celle de la rupture d’égalité entre les citoyens par la discrimination positive. En effet, contrairement à l’idée généralement émise, ce projet ne répond pas à une exigence d’égalité, mais, au contraire, est la reconnaissance d’une discrimination positive conférant plus de droits à une communauté donnée ; créant de fait une fausse égalité, qui n’est que le masque d’une inégalité qui ne dit pas son nom. En effet, contrairement à ce qui est affirmé dans un syllogisme trompeur, le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe ne sont pas l’égalité des droits, mais des droits supplémentaires pour cette communauté. Pourquoi la République accorderait-elle plus de droits aux couples de même sexe qu’aux autres citoyens ? Plus de droits qu’à un parent isolé ? Plus de droits qu’un couple ayant des difficultés à avoir un enfant ? Plus de droits à un couple qui souhaitent adopter ?

La troisième remise en cause fondamentale est celle de notre tradition juridique fondée sur le droit naturel qui est le fondement même de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. En vertu de cette tradition juridique, la République a toujours reconnu des droits fondés sur la nature humaine à chaque individu ; ce qui a notamment permis de les considérer comme universels et intemporels. En accordant plus de droits que la nature n’en a conférés, l’actuel projet de loi s’extrait de cette tradition juridique en accordant notamment des droits relatifs à la filiation dans le cadre du mariage de personnes du même sexe. Les conséquences seraient particulièrement dangereuses permettant l’attribution de droits en déconnexion totale avec la réalité et la condition humaines.

La quatrième rupture est la remise en cause d’un principe essentiel qui est au cœur de notre conception de la condition humaine, à savoir l’intérêt de l’enfant. En effet, à défaut de pouvoir se défendre en raison de son âge, le juge est, en France, garant de l’intérêt de l’enfant. C’est notamment le cas en matière de placement d’enfant en cas de maltraitance ou de divorce au moment de décider de la garde de l’enfant. Or, en légitimant le désir d’enfant (ce qui a toujours été refusé aux parents ayant des difficultés à enfanter), l’actuel projet de loi remet en cause notre conception républicaine du respect dû à chaque individu dans son intégrité, son irréductibilité et sa personne. En effet, la République s’est toujours refusée à ce qu’un individu fasse primer son propre intérêt sur celui d’un autre, même d’un parent sur son enfant. La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres.

C’est pourquoi, la voie choisie par le gouvernement signe la fin d’une certaine idée de la République héritée de la Révolution française et encourt la censure du Conseil constitutionnel, sauf à renoncer définitivement aux principes contenus dans le préambule de notre constitution.

Pourtant, il existe des solutions juridiques adaptées qui permettraient dans le respect de nos principes républicains d’assurer aux homosexuels une vraie égalité des droits, notamment en alignant la forme (passage devant le maire) et les droits (hors les questions de filiation) du PACS sur celle du mariage (ce qui est déjà largement le cas) et en assurant le contrôle du juge, gardien des libertés individuelles, sur toutes les questions de filiation pour les couples ne pouvant naturellement avoir d’enfant au regard du seul critère de l’intérêt de l’enfant.

Ces solutions ont l’avantage de satisfaire toutes les parties raisonnables de ce débat et, rendant ainsi la vue à certains, de concilier l’amour de la République avec celui de la défense très voltairienne de tout individu en raison de son orientation sexuelle ; évitant ainsi une remise en cause inutile de notre idéal républicain et nous préservant des dérives contre lesquelles la République s’est battue depuis plus de deux cents ans au service d’une certaine idée de la liberté et de la condition humaine.

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